Adoptée en septembre 2017 par la Commission économique des Nations Unies pour l’Europe, la norme WLTP (World Harmonized Light Vehicle Test Procedure, ou Procédure d’essai mondiale harmonisée pour les véhicules légers) est une méthode innovante pour mesurer la consommation de carburant, les émissions de CO2 ainsi que les émissions polluantes des véhicules légers. Cette norme remplace l’ancienne procédure, NEDC (New European Driving Cycle) jugée obsolète en raison de son manque de représentativité des conditions de conduites réelles.
Ainsi, la norme WLTP s’applique à tous les véhicules, qu’ils soient thermiques ou électriques, qu’ils soient neufs, d’occasion ou destinés à la location longue durée. Elle impose une série de tests uniformisés sur des bancs à rouleaux, simulant un parcours virtuel de 23,25 km pendant une durée de 30 minutes. Ces tests évaluent de manière la plus précise possible les performances énergétiques des véhicules ainsi que leur autonomie et leurs émissions polluantes.
Les objectifs de la norme WLTP
Le cycle WLTP a été conçu pour répondre à plusieurs objectifs concernant les véhicules :
- Une précision améliorée : les tests soumis au cycle offrent des résultats plus proches des conditions de conduite réelles. Contrairement à son prédécesseur, la norme WLTP prend en compte les équipements et options propres de chaque modèle, afin de rendre les données plus pertinentes.
- Fiabilité des mesures : En incluant des paramètres comme les variations de vitesses et les cycles urbains, cette norme reflète mieux les performances des véhicules en situation de conduite quotidienne.
- Harmonisation globale : Des pays Hors Europe comme le Japon et les Etats-Unis se sont alignés sur une procédure commune, ce qui facilite la comparaison internationale des performances de véhicules en adoptant cette norme.
- Impact environnemental : Le WLTP assure une évaluation précise des émissions de gaz à effet de serre et contribue ainsi à la mise en place de politiques environnementales plus exigeantes, telles que le malus écologique et les zones à faibles émissions (ZFE).
La norme WLTP constitue un outil clé afin de renforcer la transparence auprès des consommateurs mais aussi encourager les constructeurs automobiles à développer des technologies plus propres et efficaces.
Comment comparer les voitures avec la norme WLTP
L’instauration de la norme WLTP a été un réel tournant dans la manière d’évaluer et de comparer les véhicules. De nombreux critères ont été pris en compte lors des tests, comme l’autonomie des véhicules électriques : le cycle fournit une estimation beaucoup plus réaliste de l’autonomie des voitures électriques car prend en compte les conditions réelles de circulation.
Pour la consommation de carburant, les variations de vitesse et les équipements optionnels influencent les résultats et offrent une vision plus précise des coûts à l’usage. Le test inclut également une répartition des types de conduite (urbain, routier, etc) ce qui permet une évaluation globale.
Enfin, les émissions de CO2 calculées à partir de ces données issues de différents cycles d’essais vont rendre possible le classement des véhicules selon leur impact environnemental. Pour les acheteurs, ces critères sont essentiels car ils permettent une analyse exhaustive des modèles avant l’achat, en particulier en termes de coûts d’exploitation et de fiscalité (notamment pour les flottes automobiles).
Quelles différences avec la norme NEDC ?
La norme NEDC a été établie dans les années 90, et présente de nombreuses limites par rapport à la nouvelle norme WLTP.
Tout d’abord, la durée des tests du cycle WLTP est de 30 minutes contre 20 pour la NEDC. La distance est également doublée, passant de 11 km à 23,25 km. Concernant la variabilité des paramètres, la NEDC utilisait des vitesses fixes pour tous les véhicules, tandis que la WLTP s’adapte aux caractéristiques techniques de chaque modèle.
Basée sur des données réelles, la norme WLTP reflète mieux les conditions de conduite, contrairement à la NEDC qui reposait sur des hypothèses générales. De plus, la WLTP intègre les équipements additionnels des véhicules, un aspect complètement absent dans la norme NEDC.
Ces différences permettent ainsi de mieux répondre aux attentes des conducteurs et aux défis environnementaux actuels. Par ailleurs, l’adoption de la norme WLTP a marqué une grande avancée dans la standardisation des tests à l’échelle européenne.
Test RED : une analyse complémentaire
Le test RED (Real World Driving Emission) complète les mesures réalisées par le WLTP en évaluant les émissions en conditions réelles. Ce test est de plus en plus prisé afin de garantir une vérification supplémentaire des données pour des résultats plus pertinents.
RED utilise un système portable de mesure des émissions (PEMS) pour suivre les polluants émis par les véhicules en temps réel sur route. L’objectif est ainsi de corréler les émissions calculées en laboratoire avec celles observées lors de trajets réels. En relevant les émissions dans des conditions variées, le test RED offre une vision complète des performances environnementales des véhicules.
En combinant les données issues des tests WLTP et RED, les constructeurs et régulateurs disposent d’un panorama plus précis des performances des véhicules, ce qui permet ainsi d’affiner les normes et politiques environnementales.
Le malus écologique et la norme WLTP
Le cycle WLTP joue un rôle central dans le calcul du malus écologique. Ce dernier est déterminé en fonction des émissions de CO2 mesurées lors des tests. Pour les acheteurs, comprendre la norme WLTP est essentiel pour éviter les mauvaises surprises lors de l’achat d’un véhicule.
Avec des valeurs d’émission recalibrées à la hausse par rapport à la NEDC, de nombreux modèles voient leur malus augmenter. Pour les entreprises, la gestion d’une flotte automobile doit tenir compte des émissions et des coûts associés (taxes, malus, etc.).
Même pour les voitures électriques, la norme WLTP permet d’évaluer une autonomie plus proche de la réalité, ce qui influence les choix des consommateurs, mais aussi des gestionnaires de flottes.
L’impact sur le secteur automobile
L’introduction de la norme WLTP a bouleversé le secteur automobile. Les constructeurs ont dû adapter leurs processus de production et leurs stratégies de commercialisation pour se conformer à ces nouvelles exigences.
Certains modèles, jugés trop polluants ou peu compétitifs sous la norme WLTP peuvent être retirés du marché après une révision des gammes. De plus, les entreprises et les particuliers doivent désormais intégrer les résultats WLTP dans leurs calculs de coût total de possession (TCO).
Concernant les innovations technologiques, la pression pour réduire les émissions a encouragé les constructeurs à investir dans des solutions plus propres, comme l’électrification des gammes et l’optimisation des motorisations thermiques.
Les données fournies par le cycle WLTP offrent une meilleure visibilité aux consommateurs. Ces derniers peuvent ainsi comparer les véhicules de manière plus éclairée. La norme WLTP marque une révolution dans l’évaluation des performances des véhicules, offrant des mesures plus précises, réalistes et adaptées aux conditions actuelles de conduite.
En prenant le relais de la NEDC, elle a permis d’harmoniser les standards à l’échelle mondiale tout en répondant aux enjeux environnementaux et économiques. Pour les acheteurs comme pour les professionnels du secteur automobile, comprendre le WLTP est devenu indispensable afin de faire des choix éclairés, qu’il s’agisse de réduire son impact écologique ou d’optimiser les coûts liés aux véhicules.
Avec le cycle WLTP, le secteur automobile s’oriente vers une transparence accrue, une meilleure protection de l’environnement et une adaptation aux attentes des conducteurs modernes.